Le portage

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Porter bébé partout … Tout le temps !

Etre porté pour un bébé n’est pas seulement un confort c’est surtout un besoin. Si l’on remonte à des milliers d’années, l’homme n’était pas si éloigné du singe (il ne l’est toujours pas à mon sens) et envisagé ainsi l’on remarque que le bébé singe est porté… tout le temps.

Dans la culture occidentale, à mon grand regret, le maternage a évolué de façon à ce que nos instincts soient « parasités » par des on-dit populaires. « Il va s’habituer aux bras et faire des caprices pour que tu le prennes », « laisses- le pleurer sinon tu vas en faire un enfant capricieux » et j’en passe et des meilleurs. L’éducation bienveillante, le portage… sont d’autant de pratiques que beaucoup qualifieraient de « nouvelles modes » or, c’est tout l’inverse. Nous revenons à nos besoins, nos fonctionnements primaires, la nouvelle mode c’est à l’époque du grand féminisme quand nos mères et parfois nos grand-mères se sont mis à donner des biberons de LA pour être plus libre, à laisser les enfants pleurer pour qu’ils s’habituent, à les parquer dans des parcs, transats pour être « tranquilles » .. Attention je ne diabolise aucune de ces pratiques si elles ne sont pas poussées à l’extrême et j’ai moi-même une grande part de féminisme qui ne s’oppose absolument pas à mon côté maternel. Le portage donc revient à un instinct primaire, je dirais même animal qui nous pousse à porter notre bébé. L’enfant lui-même naît avec un réflexe d’agrippement très présent : ses doigts des mains et des pieds qui se resserrent au contact et ses genoux qui se replient quand on le soulève sont d’autant d’indicateurs de ses besoins. Quand il vient au monde un enfant est hyper dépendant de ses parents et surtout de sa maman, son cortex cérébral se développe doucement et il n’est pas encore imprégné, ni façonné par la société comme nous : le caprice par exemple est impossible pour lui, il n’a pas cette capacité de réflexion et de fonctionnement. Si bébé pleure c’est qu’il a un besoin animal à satisfaire (manger, être changé…) et ce besoin peut être simplement d’être porté. Car il y a des millénaires, bébé n’était pas dans la chaleur d’un appartement, il était au milieu de bêtes sauvages, il avait des instincts de préservation. Et ces instincts sont toujours là, à l’instar du chien domestique qui a encore des instincts de loup ou du cheval qui garde ses réflexes d’animal proie (fuite, …). Le bébé a des instincts ancrés et notre devoir est d’y répondre pour avoir un enfant serein et rassuré. Le portage renforce ce lien parent-enfant

L’un des avantages du portage c’est d’avoir les bras libres. Dans notre société actuelle, nous y revenons, où tout est à cent à l’heure, il est important d’avoir ses mains libres pour avancer pendant que bébé sera confortablement calé et rassuré. La naissance est un réel traumatisme pour l’enfant, bien au chaud dans le cocon de notre ventre il est tout d’un coup sujet aux bruits, à la lumières, aux émotions environnantes… Imaginez ce que nous vivons multiplié par 1000 ! Le portage permet de le rassurer car il redécouvre le cocon rassurant de la mère, la tête au niveau de sa poitrine il entend les battements de cœur qui le rassuraient à l’intérieur. Pour les bébés prématurés par exemple cela favorise une maturation poussée, comme s’il y avait une gestation externe, c’est fascinant !
La position biologique de bébé respectée, cela favorise également la digestion de l’enfant et diminue les reflux. L’un des nombreux bienfaits du portage est la stimulation pour bébé du système cognitif en augmentant son niveau d’attention. Il est stimulé de multiples façons car le monde extérieur se trouve à porter d’œil. Cela favorise également le sommeil car la proximité avec son parent apaise des stimulations extérieurs lorsqu’il est fatigué : son système nerveux serait davantage contrôlé. Des chercheurs ont également remarqué que le fait d’être porté diminuait les mouvements involontaires et le rythme cardiaque chez l’enfant. Toujours quand la position biologique de l’enfant est respectée il assure un très bon développement physiologique : le bon positionnement des hanches favorise leur développement ainsi que celui des muscles du cou, des dorsaux et assure un futur sens de l’équilibre. Enfin, comme les bébés qui sont portés passent moins de temps dans un siège ou couché sur le dos, le portage diminue le risque de développer une plagiocéphalie le fameux syndrome de la tête plate.

La position PHYSIOLOGIQUE 

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Pour assurer un bon portage la position naturelle et physiologique de bébé doit être respectée impérativement. Oubliez tout de suite les portes bébés où votre enfant est face au monde, la bonne position doit être contre vous en position dite « grenouille » : dos rond et jambes écartées et relevées. Surtout pas le dos droit ni les jambes à la verticale.

Il est important également de respecter la physiologie de bébé selon son âge :

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Il efaut respecter des règles de sécurité strictes lorsqu’on porte : Voies respiratoires dégagées, pas de plan dur sous les fesses de bébé, tissus de qualité, écharpe ou porte-bébé comportant toutes les normes de sécurité, habiller bébé en conséquence : pas trop chaud trop froid, pas de vêtements à pieds (pyjama, collant) au risque de couper la circulation de votre enfant, s’habiller en conséquence (pas de pulls qui peluchent, avec des perles que bébé pourrait avaler), tête de bébé placée bien dans l’axe de sa colonne vertébrale, ne pas allonger bébé dans le tissus et rester attentifs à votre enfant.

Les différents moyens de portage : 

Pour porter il y a un fondamental : être à l’aise! Voici une liste des différents modes de portage que vous pourrez retrouver.

L’écharpe 
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L’écharpe a une méthode de nouage assez traditionnelle et mieux vaut se le faire montrer une fois avant de se lancer. La taille de l’écharpe varie entre 3.6m et 5.2m à vous de choisir en fonction de qui porte ou si vous portez tous les deux, réfléchir à la meilleure solution (en général 4.6m est un bon compromis) Ce moyen de portage permet de porter bébé devant ou dans le dos. Il existe deux sortes d’écharpe en fonction du tissus que vous choisirez.
Les écharpes dites « tissées » en 100% coton (ou mélangés chanvre, lin, laine..). Tissu souple mais qui ne « bouge » pas, elle ne va pas bouger au fil des mois.
Les écharpes dites « en mailles tricotées » qui sont en général beaucoup plus élastiques et donc parfaitement adaptées pour les bébés nouveaux nés.

Le Sling

50882625Le sling est une écharpe assez courte pourvue d’anneaux qui permet de détendre ou de tendre le tissu. C’est un portage asymétrique sur l’épaule et le tissu fait une sorte de HAMAC pour bébé. On peut porter bébé dès la naissance en sling sur la hanche ou en berceau. 
C’est un système facile et rapide à installer et enlever.
Les matières sont les même que pour l’écharpe de portage.

Le Meï Teï : Porte bébé chinois

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Parfait compromis entre une écharpe et un porte bébé, le Mei Tei permet au porteur de porter devant ou sur le dos. Le tissu n’étant pas assez enveloppant et les pieds non maintenus le Mei Tei ne s’utilise qu’à partir de 6Kg (4 mois de bébé)

Le porte bébé physiologique 

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Moins dans l’esprit « portage » mais parfois plus rassurant pour les parents, le porte-bébé est dans l’air du temps. Il est néanmoins primordial de choisir un porte-bébé physiologique qui respectera la position naturelle de bébé.

L’atelier de Portage : un plus pour commencer ! 

L’idée pour être à l’aise dès le départ est de faire un atelier avec un professionnel du portage qui pourra vous exposer les différents modèles, vous les faire essayer sur des bébés lestés en général. Vous pouvez en faire un avant la grossesse pour choisir et un ensuite avec votre bébé et votre moyen de portage pour vous sentir plus à l’aise.

© Severine Cesaroni Photographies

L’allaitement Maternel

 

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L’allaitement maternel a ce quelque chose de magnifique, de naturel et d’évident qui fait rêver. Oui mais. Cet article est évidement là pour vous parler des bienfaits et bonheurs de l’allaitement maternel mais également des difficultés que l’on peut rencontrer bien souvent car oui, allaiter son bébé n’est pas toujours un long fleuve tranquille, aussi faut-il être suffisamment préparée avant de se lancer.
Pour information l’OMS recommande un allaitement exclusif jusqu’à 6 mois puis un allaitement jusqu’au deux ans de l’enfant.
La mauvaise image du bambin allaité trop longtemps est donc bien loin…

 

L’or blanc : un bénéfice santé pour l’enfant ET la mère
 Tout d’abord il faut savoir que le lait d’une mère à son enfant, à part dans des cas extrêmement rare (maladie grave …), sera toujours le meilleur choix d’aliment. C’est un fluide vivant ce qui ne pourra jamais être le cas pour un lait artificiel, c’est à dire qu’il s’adapte, chaque jour, chaque semaine et chaque mois aux besoins du bébé. Le lait de chaque mère sera adapté à chaque bébé, individuellement et de façon toujours évolutive. Par exemple, si la mère contracte une maladie virale quelconque son lait va produire tous les anticorps nécessaires à la protection de son bébé (les bébés allaités tombent d’ailleurs moins souvent malades que les autres), si le bébé subit un pic de croissance la lactation de la mère va s’adapter en fonction de l’évolution et des besoins de son bébé, le goût du lait change chaque jour en fonction de ce que la mère va manger ainsi son bébé sera déjà préparé à s’ouvrir aux différents goût lorsque sera venu le moment de la diversification alimentaire.
Allaiter son enfant diminue considérablement les risques de coliques et les problèmes digestifs, le lait maternel étant facilement digérable et assimilable. Il arrive même que des enfants soit en « selles rares » comme on les appelle et ne fassent pas caca pendant plusieurs jours : rien d’alarmant, il s’agit d’un fonctionnement logique. C’est également une lutte contre l’obésité, l’enfant prend le poids qu’il doit prendre, contre les allergies, de part les aliments assimilés par le lait, il permet un développement neurologique optimal du bébé et réduit les risques de cancer dans le futur pour le nourrisson.
Mais il y a aussi un bénéfice santé pour la mère allaitante. De part la diffusion des hormones, la mère est beaucoup moins fatiguée car le sommeil paradoxal n’existe pas chez elle. Elle tombe directement dans un sommeil profond ce qui permet une récupération importante. (Cela permet aussi, pour les amateurs, un cododo dans le lit des parents en toute sécurité !) Quand on allaite il est important d’oublier l’horloge de ne pas toujours se focaliser sur l’heure des tétées, on fait à la demande et… C’est tout ! Cela diminue considérablement la nature anxiogène de cette surveillance constante. L’allaitement retarde le retour de couches ce qui est, nous l’avouerons un confort non négligeable. Il brûle des calories importantes ce qui permet souvent à la femme de retrouver rapidement le poids avoisinant son poids de grossesse (même si chaque femme étant différente ce n’est pas forcément le cas pour toutes). Allaiter diminue les risques de cancer du sein, des ovaires, diminue les risques d’infections urinaires et l’ostéoporose.

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Affiche réalisée par le site Grandir Nature

Une relation privilégiée
Materner est la suite logique de la grossesse. Elle permet au bébé de trouver sa place, au chaud dans les bras de sa mère et nourri à son sein. Pour son développement futur c’est très important, nous aurons un bébé plus facilement serein, sûr de lui et confiant dans le monde extérieur. La relation mère-enfant s’en trouve enrichie. Il est très doux de voir un bébé énervé, angoissé trouver du réconfort contre le sein de sa mère. Et avouons le il est très facile de calmer un bébé lorsqu’on allaite. Le père a d’ailleurs une place privilégiée dans cet allaitement, contrairement à ce que l’on pourrait penser, c’est une relation qui se tisse à trois.
J’ajouterais qu’il y a un peu de magie dans l’allaitement par exemple une femme peut allaiter un bébé qui n’est pas le sien. Je parle par exemple de l’adoption, de couple homosexuel dont les deux mamans peuvent allaiter il y a quelque chose de fascinant dans le mental de l’être humain et dans son corps.

Les obstacles
Je pense que je me dois commencer par l’obstacle numéro un je pense qui est : le monde du travail. Avec l’OMS qui recommande 6 mois d’allaitement exclusif et un congés maternité qui se termine aux 2 mois et demi du bébé il y a de quoi marcher sur la tête ! C’est tout à fait faisable de poursuivre son allaitement tout en reprenant le travail, il suffit de s’équiper d’un tire lait et d’y penser avant la reprise, néanmoins ce n’est pas simple à gérer et beaucoup de femmes préfèrent stopper l’allaitement par manque de soutien. Obstacle numéro deux : le manque d’information. Trop de femmes pensent à tort ne pas avoir assez de lait. Et le personnel de santé souvent abonde dans ce sens, or c’est totalement faux et impossible (a part comme je l’ai dit de très rares cas). Il y a souvent par exemple, un pic de croissance à 3 et 6 jours, semaines et mois de l’enfant. Lors de ces pics de croissance le bébé va téter très ( très très très) souvent, s’énerver au sein, donnant cette impression alors qu’en fait il met en place une nouvelle lactation qui va lui permettre de passer ce stade de croissance sereinement. Obstacle numéro trois qui rebondi sur celui ci : les professionnels de santé : mal informés, à l’ancienne … ils ont tendance à balancer la solution de facilité : le biberon avec autant d’aisance que l’on jette un mouchoir à la poubelle. Je pense que si l’on veut débuter l’allaitement il est indispensable de se tourner vers une consultante en lactation ou un médecin pro-allaitement. Ils seront plus à même de gérer les soucis d’allaitement : REF, mastites, engorgements … qui ne sont pas toujours bien compris par un médecin lambda. (Pour des contacts à Toulouse ne pas hésiter à me demander!) Obstacle numéro quatre, parfois malheureusement le père. Il se sent parfois de trop et ne trouve pas sa place dans l’allaitement. C’est une question que l’on retrouve énormément je trouve : et si papa ne trouvait pas sa place ? Or, il a une vraie place dans le processus de l’allaitement et je trouve très important d’aborder ce sujet en amont de la naissance de bébé. Trop de femmes manquent de soutien, trop d’hommes se sentent « délaissés » voire « inutiles » lors de l’allaitement, c’est dommage. Il faut être bien préparé à deux avant de se lancer. Obstacle numéro cinq, le temps, l’engagement. Il faut savoir qu’un bébé allaité les premières semaines est pendu au sein. Littéralement ! C’est un fait que certaines mères ne se sentent pas capables d’affronter, dans ce cas là mieux vaut ne pas se lancer ! Je le dis toujours mieux vaut une mère épanouie et un bébé biberonné qu’une mère allaitante désemparée et dont l’allaitement deviendra un mauvais moment ! On risque des dépressions postpartums importantes. Obstacle numéro six le regard des gens. « Tu l’allaite encore ? », « tu montres tes seins », « tu devrais arrêter maintenant, trois mois c’est bien assez ». Ou alors rien que le fait de devoir allaiter en public. Il faut savoir que lorsque l’on a un enfant on est très exposés aux critiques, quelque soit le mode d’alimentation, il y a aura toujours matière à parler… Et pour les pudiques il existe de nombreuses alternatives comme la cape d’allaitement par exemple, mais qu’on se rassure, au bout de quelques temps presque toutes les femmes oublient qu’elles sont pudiques ! N’oublions pas qu’allaiter son bébé 1 mois, 2 mois ou plus … est déjà formidable et bravo à celles qui l’ont fait !

Les on-dit

  • Un bébé allaité ne fait pas ses nuits : FAUX. Ce n’est pas parce que vous le passerez au biberon qui les fera miraculeusement. Chaque bébé à son rythme, et le fait que son « frigo » se trouve tout prêt dans la chambre ne fait pas qu’il se réveille d’avantage.  C’est physiologique.
  • Le lait ne sera plus bon au bout d’un moment : FAUX et ARCHI FAUX.
  • Il faut arrêter l’allaitement quand on est malade : AU CONTRAIRE !
  • Il faut faire attention à ce qu’on mange quand on allaite : VRAI et FAUX certains cas le nécessitent mais en étant bien informé en général on peut manger de tout et même boire de l’alcool (si, si…)
  • A un an quand même, il faut arrêter : FAUX il n’y a aucune limite à l’allaitement et le lait sera toujours plus adapté qu’un lait de vache (pourtant ça ne choque personne un biberon à 4 ans)
  • On ne peut pas prendre de médicaments lorsqu’on allaite : FAUX une foule de traitement est compatible lors de l’allaitement, il faut juste trouver avec son médecin les médicaments adéquats. Un site top pour ça :  le CRAT tout est référencé.
  • L’allaitement est douloureux : VRAI et FAUX. Une douleur est un signe que quelque chose ne va pas : position du bébé, la votre, freins de langue, de lèvre… Il faut trouver la cause. 

Pour plus d’informations je vous invite à aller voir le site de l’Association l’Allaitement Tout un Art .

Je terminerais par cette citation très vraie : « L’enfant ne demande que trois choses: la chaleur des bras de sa mère, le lait de ses seins et la sécurité de sa présence. L’allaitement réunit les trois. »

Belle aventure lactée !

Pour info, si vous souhaitez vous procurer un tire lait avec ordonnance de votre médecin, un site référence au top : Grandir Nature. Tous leurs tires-lait sont au prix de 12€/semaine (ce qui est remboursé par la Sécurité Sociale), chose qui n’est pas le cas en Pharmacie en général où seulement le Kittet très mauvais et très blessant est pris en charge.
Les marques qui ont fait leurs preuves Medela et Spectra.

© Laura Boil Photography