Le sommeil de l’enfant

Laura Boil Photography

Beaucoup de parent pensent que leurs enfants ont des troubles du sommeil car ils ne font pas « leurs nuits  ». Or, il est essentiel de notifier que les bébés font bien leurs nuits mais pas celles de leurs parents ! En effet le sommeil des tout petits n’est pas le même que celui d’un adulte avant … 6 ans ! Et oui.

Il existe plusieurs phases dans le sommeil : l’endormissement, le sommeil léger, puis on passe en profondeur, jusqu’au sommeil paradoxal ou actif là où les rêves se passent, où nous vivons des apprentissages.

L’enfant apprend déjà le sommeil in-utero donc lorsqu’il vient au monde le tout petit sait déjà dormir puisqu’il s’agit d’un processus nécessaire à sa survie. Jusqu’à 3 mois l’enfant fait des petits sommeils répartis sur les 24h car il a besoin de beaucoup se nourrir : sachez que la première année nous triplons notre poids, la dépense en énergie est considérable. A cet âge le bebe ne connaît que le sommeil paradoxal qui constitue une grande partie de son sommeil et un sommeil calme. Il ne faut également pas encore la distinction entre la nuit et le jour.

Après 3 mois et jusqu’à 7 mois le bebe apprend de nouvelles phases de sommeil, ce qui peut être déroutant pour lui. Son sommeil et son rythme peuvent s’en trouver totalement modifiés par conséquent et être instables. Il commence à faire la différence entre la nuit et le jour.

De 8 mois à 2 ans, le cerveau de l’enfant est en pleine expansion. Il a de nombreuses acquisitions à faire, ses dents apparaissent, il se déplace, apprend le contrôle de ses sphincters… le sommeil peut pâtir de toutes ces périodes.

En somme : un bébé ne fera jamais des nuits comme celles des adultes. Deux choses qui feront que celles ci seront les plus adaptées et sécurisantes possibles pour lui sont l’allaitement et le cododo. Deux facteurs qui permettent à l’enfant de prolonger son continuum biologique.

On ne peut pas apprendre le sommeil à un enfant, toutes les méthodes qui pullulent sur le sujet ont certes de l’efficacité mais créent généralement des troubles sur le long terme car ils font sauter des étapes de construction nécessaires à l’enfant.

Conception et fertilité

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Toute cette période d’attente avant la venue d’un bébé est energivore pour une femme et son entourage. C’est une période qui peut être source de peine, de frustration et de déception.

L’enfant choisit ses parents et il choisit également le moment pour s’incarner. Même si toutes les planètes semblent alignées qu’aucun problème ne souffle à l’horizon ça peut tout simplement ne pas être le bon moment malgré tout.

Savoir ça, ne rend pas forcément l’attente plus aisée. Surtout quand l’envie gronde au fond de votre ventre et vous engloutit de toute part. L’idéal dans ces périodes de chamboulements extrêmes et de s’entourer. La doula a un rôle à jouer dès ces instants-là. ⠀

Pratiquer le lâcher prise. Méditer, se rencontrer, apprendre à apprivoiser et connaître son corps sont des merveilleux cadeaux à vous faire en attendant que votre utérus soit comblé

Vous êtes une terre, tout un monde mais il faut que l’on prenne soin de vous, il faut que vous soyez choyée pour que la graine pousse et puisse germer. Parfois apparaît un état d’infertilité et ce n’est pas pour autant que cela ne peut évoluer. Le poids des mots est important. Dire à quelqu’un qu’il est stérile peut avoir un impact direct sur sa fertilité.

Le corps est en constante évolution. Et un état a un moment donné peut être totalement variable au cours de la vie.

Beaucoup de facteur peuvent entraver la fertilité : l’alimentation, l’hygiène de vie, le tabac, la contraception (rappelons qu’une femme sous pilule n’a pas de vie génitale cela peut prendre parfois du temps pour remettre le corps à niveau), les perturbateurs endocriniens, le mental..

Parfois cet état peut durer et perdurer. Parfois il y aura effectivement une pathologie, quelque chose qui fera que ça deviendra difficile d’enfanter. Voir impossible.

Médicalement les professionnels ont tendance à foncer tout droit vers des mesures pour enfanter alors que de temps en temps il suffit peut être de prendre en compte la totalité de la personne. Des thérapeutes alternatifs en premier lieu ou en complément peuvent aider avant de se tourner vers la médication totale.

Et se faire accompagner émotionnellement pendant et même après un parcours médical est un beau cadeau à se faire 💫

L’être humain est plein de ressources.

Le cercle de feu

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Cet instant, puissant, incroyable en terme d’intensité est le moment où la tête du bébé sort.

On le nomme ainsi à cause de la sensation de brûlure que nombre de femmes disent ressentir à cet instant.

On est au paroxysme, au sommet de la puissance de l’accouchement. Les vagues sont passées, et la dernière grande étape s’annonce.

Il est là cet instant, où l’amour va éclater encore plus fort, ou dans un instant un petit corps va se presser contre le vôtre avide de chaleur, d’amour et de contact.

Le cercle de feu est la porte ouverte sur le monde. Votre bébé vient sur Terre. C’est une douleur délicieuse, un enivrement stellaire. Et votre cœur comme votre vagin va s’agrandir d’un coup.

Phase de désespérance

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Voilà un nom un peu étrange pour une phase de la naissance ô combien intense.

Il arrive un moment lors de la phase 2 de la naissance (dilatation) ou la future mère va se sentir submergée par l’intensité. C’est souvent un moment où elle a l’impression que cela devient trop dur, trop fort et qu’elle ne parviendra pas à achever la naissance. La phase de désespérance peut durer plus ou moins longtemps et être plus ou moins intense (voire inexistante) en fonction des femmes. Rappelons le ne nous sommes toutes si différentes! Il est difficile de parler de norme, de moyennes dans le processus de la naissance. Si cette étape peut paraître impressionnante, elle n’en est pas moins entièrement normale et biologique.

En milieu hospitalier il s’agit là d’un moment où la péridurale va être proposée quasi systématiquement par impuissance du personnel soignant (à moins de tomber sur du personnel informé sur la physiologie, ce qui n’est pas la majorité mais qui existe heureusement tout de même). Pourtant imaginons un peu ceci : vous courrez un marathon. Vous avez effectué le trajet le plus long, vous y êtes presque mais vous sentez le moment où cela devient difficile vous dites « Je ne peux plus, je n’y arriverais pas » qu’aimeriez-vous entendre ? « Oui vous êtes capable ! Vous êtes forte, puissante » ou bien « Tu n’as qu’à marcher maintenant ça te fera du bien » ?

Il ne reste que quelques mètres lorsque la phase de désespérance s’installe. La future mère a besoin de soutien, d’amour et de puissance

La Péridurale

Laura Boil Photography

La péridurale consiste en une analgésie de la partie inférieure du corps durant la naissance. On insère un cathéter dans l’espace peridural : entre deux vertèbres et on injecte un produit qui permet le blocage des informations douloureuses issues des racines nerveuses qui ont lieu durant les contractions.

EFFETS BÉNÉFIQUES :

• Diminution de La douleur

• Mise à disposition d’une voie si besoin d’une césarienne en urgence (moins de 5% des cas)

EFFETS NÉFASTES :

• Passage des produits dans le système nerveux du nouveau né créant une atonie de celui ci ainsi que des difficultés notamment de succion.

• Augmentation de la durée du travail et des interventions médicales

• Perturbations des hormones de la naissance : surtout l’ocytocine (qui aide aux contractions) et les endorphines (qui aident à la récupération)

• Douleurs localisées après la naissance (hématomes, allergies ..) , ou céphalées intenses dans le cas d’une brèche de la dure mère

• Mauvaise tolérance de l’analgésie (fièvre, douleurs, irritation, difficultés à uriner …)

Le but unique de cet acte est la suppression de la douleur lors de la naissance. 25% des femmes souhaitent donner naissance sans péridurale, si le chiffre est bas c’est parce que la douleur est la principale peur liée à la naissance. Dans de nombreux pays occidentaux Accoucher est synonyme de danger. Nous perdons peu à peu la magie de la naissance, et nous nous transmettons de mères en filles la peur de la celle-ci. Dans certaines cultures où la naissance est sacrée les femmes qui enfantent ne ressentent pas cette peur qui nous définit dans nos sociétés ✨ Pourtant la médicalisation des naissances est presque nulle.

Au final c’est un peu plus de 82% de taux de péridurale en France. Un chiffre conséquent lié à la surmédicalisation. Si les effets positifs sont souvent mis en avant on parle rarement des effets néfastes d’un tel acte. Or, nous savons aujourd’hui que la femme qui donne naissance a besoin de mouvements, de mobilisation pour que son bébé puisse trouver le chemin de la sortie. Nous savons qu’une femme a besoin de se sentir en sécurité pour donner naissance. Inséminer dans son esprit qu’elle va vivre la douleur la plus terrible de sa vie n’est pas l’accompagner dans ce chemin de confiance. Nous préférons parler d’intensité plutôt que de douleur. Et cette intensité représente l’ouverture du corps pour donner la vie. Existe t’il puissance plus incroyable dans ce monde ?

Les 4 Temps de la naissance

Photographie : Laura Boil Photography

❉ MATURATION : Cette période peut durer longtemps. C’est le moment où le col commence à travailler. Cela peut commencer environ un mois avant la naissance et comporter des phases de pré-travail plus ou moins nombreuses.

❉ DILATATION : c’est une phase intense en terme de longueur et d’intensité. Les contractions agissent par vague et aident à la descente du bébé. Le col puis le vagin s’ouvrent pour l’accueillir ✨ Les hormones sont aux commandes : l’Ocytocine favorise les contractions et les endorphines aident à la récupération.

❉ EXPULSION : C’est le moment de la sortie. Le bébé s’engage dans le bassin. Il entame son arrivée dans le monde. La sensation est intense, brutale et animale. Généralement la tête sort en premier mais il peut arriver que ce soient les pieds sans que ce ne soit problématique outre mesure. Lorsque le bébé est là il n’a besoin que d’une chose : le contact de sa maman

❉ DÉLIVRANCE : La phase de délivrance du placenta a tendance à être systématiquement médicalisée alors que le corps est encore dans le processus de la naissance tant que le placenta n’est pas sorti. Contrairement à la croyance populaire cette sortie peut prendre plusieurs heures, même si généralement elle se passe dans la première heure. La mise au sein et la non-séparation avec le bébé favorisent les sécrétions d’ocytocine, indispensables aux contractions qui permettent l’expulsion du placenta.

Les positions du bébé au moment de la naissance

Photographie : Laura Boil Photography

Le bebe peut prendre plusieurs positions au moment de sa sortie. La plupart du temps, il se met seul en position la plus adaptée 𝐬𝐢 𝐨𝐧 𝐥𝐮𝐢 𝐞𝐧 𝐥𝐚𝐢𝐬𝐬𝐞 𝐥𝐞 𝐭𝐞𝐦𝐩𝐬. 97% des naissances physiologiques se passent correctement sans intervention.

⠀✦ Par le sommet : C’est la position la plus fréquente. Le menton du bébé est contre son thorax et le bébé regarde le sol en sortant. Elle permet une meilleure ouverture et une descente plus rapide.

⠀✦ Postérieure : Le dos du bébé est contre le dos de la maman, la rotation est plus difficile, le travail plus long et la douleur souvent plus intense. Dans 2% des cas la rotation ne s’effectue pas et une aide médicale est alors nécessaire, dans ce cas même si la naissance par voie basse est possible, elle termine très souvent en césarienne.

⠀✦ Par la face : Le bébé a le visage face au vagin lors de la sortie. Bien souvent la rotation s’effectue d’elle-même. Elle représente sinon 0.5% des naissances et une aide médicale est nécessaire dans ces cas là pour aider le bébé à fléchir sa tête.

⤅ Dans ces deux derniers cas, une sage-femme formée à la physiologie est la meilleure aide, elle seule sera en mesure de s’entourer du moins de médical possible et à faire des manœuvres les moins invasives possibles pour la naissance.

⠀✦ Siège : Lorsque le bébé a les pieds en tailleur on parle de siège complet et décomplété lorsque les jambes sont étendues. Une présentation par le siège ne nécessite pas de césarienne et se passe bien dans la grande majorité des cas. Il faut simplement être entouré de professionnels de santé qui connaissent la physiologie. En effet, dans le cas d’une naissance par le siège, il est fondamental de NE PAS INTERVENIR sur la sortie du bébé (ce qui devrait être le cas dans chaque naissance) au risque de laisser la tête se coincer. La version est une pratique barbare extrêmement douloureuse visant à retourner un bébé manuellement. Or, bien souvent le bébé se remet en siège juste après la manœuvre, tout simplement parce qu’il s’était positionné ainsi naturellement.

Le poirier dans une piscine ou le demi-pont sont des pratiques peu invasives qui peuvent aider au retournement du bébé. Mais dans tous les cas un siège n’est pas anormal !

⠀✦ Transverse : Le bébé est en position horizontale, c’est-à-dire que son dos se présente au moment de la sortie. C’est très rare. Certains bébés ont tendance à effectuer leur rotation seuls. Souvent lors de la naissance de jumeaux il peut arriver que le deuxième ayant trop de place à la suite de la sortie de son aîné se retrouve dans cette position. Si le bébé n’effectue aucune rotation : la césarienne est de mise.

Ne pas intervenir sur une naissance, médicalement parlant est la meilleure posture à adopter. Les 3% de cas où la naissance se passe difficilement devrait être les seuls qui nécessitent une assistance médicale. Car si elle n’est pas à diaboliser, la médecine est encore trop interventionniste ✨

Le consentement

Illustration © Marica Zottino

Ça commence où, ça termine quand ? Au regard des récents événements j’ai envie de parler de cette notion qui peut paraître tellement abstraite et qui est pourtant fondamentale.

Le consentement commence avec l’apprentissage des mots simples « Vulve » / « Penis » et pas celui de leur vulgarisation. Parce que connaître son corps c’est aussi le protéger.

Le consentement c’est accepter qu’un enfant est un individu conscient et indépendant : que l’embrasser, le toucher d’une quelconque façon est une agression et qu’il faut avoir son autorisation. Qu’on soit un proche ou non.

Le consentement c’est de dire à un enfant que son corps lui appartient. A lui et à lui seul.

Le consentement c’est apprendre à respecter l’intimité dès tout petit : lors du change, lorsqu’un enfant va au toilette …

Le consentement commence par apprendre à nos enfants qu’ils sont libres de dire NON. Et que cette liberté là est juste essentielle. Quoi qu’on puisse leur dire.

Le consentement c’est dire à nos filles qu’elles ne doivent pas se taire, jamais et éduquer nos fils à les respecter. Un non, c’est un non

Le consentement c’est d’apprendre à s’aimer soi-même et à en prendre soin.

Le consentement c’est de savoir que la sexualité n’appartient qu’a soit. Et quelque soit la demande, l’âge, la relation avec la personne en face c’est « ok » de refuser.

Le consentement c’est de savoir qu’il n’y a pas de petites agressions. Que toutes relations avec une personne qui n’est pas consentante est un viol. Que si tu dois insister et qu’elle doit céder. C’est un viol. Même si tu l’aimes. Même si elle t’aime.

Pour que nos filles ne se sentent jamais faibles face à une demande insistante, même si elle vient d’une personne aimée. Pour que nos fils n’aient jamais à être pressants avec une femme.

Pour qu’on n’entende plus des mots tels que «il faut séparer l’homme de l’artiste ». Parce que l’homme c’est l’artiste. Il n’y a qu’une seule personne. Une seule. Un violeur est un violeur même s’il crache des licornes et chie des arcs-en-ciel

Naissance et Médias

A l’heure actuelle notre vision de la naissance est largement influencée par ce que les médias : films, livres, séries… véhiculent. Pourtant rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité que cette image retranscrite la plupart du temps.

Durant la grossesse les femmes sont souvent épanouies et rayonnantes. On voit les femmes vomir les cinq premières secondes et c’est généralement à ce moment là qu’elles apprennent leur grossesse. Ensuite étonnamment leur estomac les laissent généralement tranquilles. A contrario, il est possible de voir dépeint une image noire de ces neufs mois. On prend bien soin de montrer des chambres de bébés bien décorées des fioritures issues des grandes chaînes de puériculture. En revanche, pour ce qui est de la réelle connexion avec son bébé, des questions d’allaitement, d’accouchement physiologique: il n’y a rien.

Pour la naissance, le travail se met généralement en route avec la perte des eaux. Il faut savoir que ce phénomène en règle générale peut prendre du temps, en effet rompre les membranes avant une mise en route du travail concerne 1 femme sur 4. C’est généralement les contractions intenses qui font que les membranes se percent. Souvent le travail est rapide et la femme est en route immédiatement à l’hôpital.

Là on observe la plupart du temps une femme allongée position gynécologique, la position la moins physiologique qui soit. Pour que le bébé entame une bonne descente dans le bassin la femme doit pouvoir se mobiliser. La position prise généralement instinctivement est la position accroupie ou à quatre patte.

> Savez vous que la position gynécologique nous vient de l’époque de Louis XIV ? Epoque où le Roi souhaitait assister aux accouchements de sa femme. ⠀

On observe également une poussée dirigée rapide. La femme est douloureuse, elle semble souffrir. Le peau à peau et l’allaitement sont généralement passés à la trappe et l’enfant envoyé très rapidement dans des couveuses et passé de bras en bras. Si les accouchements ne sont pas effectués en urgence et dans des conditions extrêmes c’est un miracle.

En bref, les médias continuent à véhiculer un message faussé de la naissance en affichant le message qu’il est dangereux, doit être assisté par des médecins et durant lequel l’enfant n’est pas considéré.

⠀© Laura Boil Photography