La Péridurale

Laura Boil Photography

La péridurale consiste en une analgésie de la partie inférieure du corps durant la naissance. On insère un cathéter dans l’espace peridural : entre deux vertèbres et on injecte un produit qui permet le blocage des informations douloureuses issues des racines nerveuses qui ont lieu durant les contractions.

EFFETS BÉNÉFIQUES :

• Diminution de La douleur

• Mise à disposition d’une voie si besoin d’une césarienne en urgence (moins de 5% des cas)

EFFETS NÉFASTES :

• Passage des produits dans le système nerveux du nouveau né créant une atonie de celui ci ainsi que des difficultés notamment de succion.

• Augmentation de la durée du travail et des interventions médicales

• Perturbations des hormones de la naissance : surtout l’ocytocine (qui aide aux contractions) et les endorphines (qui aident à la récupération)

• Douleurs localisées après la naissance (hématomes, allergies ..) , ou céphalées intenses dans le cas d’une brèche de la dure mère

• Mauvaise tolérance de l’analgésie (fièvre, douleurs, irritation, difficultés à uriner …)

Le but unique de cet acte est la suppression de la douleur lors de la naissance. 25% des femmes souhaitent donner naissance sans péridurale, si le chiffre est bas c’est parce que la douleur est la principale peur liée à la naissance. Ça est le danger qu’elle représente. Car dans de nombreux pays occidentaux Accoucher est synonyme de danger. Nous perdons peu à peu la magie de la naissance, et nous nous transmettons de mères en filles la peur de la naissance. Dans certaines cultures où la naissance est sacrée les femmes qui enfantent ne ressentent pas cette peur qui nous définit dans nos sociétés ✨ Pourtant la médicalisation des naissances est presque nulle.

Au final c’est un peu plus de 82% de taux de péridurale en France. Un chiffre conséquent lié à la surmédicalisation. Si les effets positifs sont souvent mis en avant on parle rarement des effets néfastes d’un tel acte. Or, nous savons aujourd’hui que la femme qui donne naissance a besoin de mouvements, de mobilisation pour que son bébé puisse trouver le chemin de la sortie. Nous savons qu’une femme a besoin de se sentir en sécurité pour donner naissance. Inséminer dans son esprit qu’elle va vivre la douleur la plus terrible de sa vie n’est pas l’accompagner dans ce chemin de confiance. Nous préférons parler d’intensité plutôt que de douleur. Et cette intensité représente l’ouverture du corps pour donner la vie. Existe t’il puissance plus incroyable dans ce monde ?

Les 4 Temps de la naissance

Photographie : Laura Boil Photography

❉ MATURATION : Cette période peut durer longtemps. C’est le moment où le col commence à travailler. Cela peut commencer environ un mois avant la naissance et comporter des phases de pré-travail plus ou moins nombreuses.

❉ DILATATION : c’est une phase intense en terme de longueur et d’intensité. Les contractions agissent par vague et aident à la descente du bébé. Le col puis le vagin s’ouvrent pour l’accueillir ✨ Les hormones sont aux commandes : l’Ocytocine favorise les contractions et les endorphines aident à la récupération.

❉ EXPULSION : C’est le moment de la sortie. Le bébé s’engage dans le bassin. Il entame son arrivée dans le monde. La sensation est intense, brutale et animale. Généralement la tête sort en premier mais il peut arriver que ce soient les pieds sans que ce ne soit problématique outre mesure. Lorsque le bébé est là il n’a besoin que d’une chose : le contact de sa maman

❉ DÉLIVRANCE : La phase de délivrance du placenta a tendance à être systématiquement médicalisée alors que le corps est encore dans le processus de la naissance tant que le placenta n’est pas sorti. Contrairement à la croyance populaire cette sortie peut prendre plusieurs heures, même si généralement elle se passe dans la première heure. La mise au sein et la non-séparation avec le bébé favorisent les sécrétions d’ocytocine, indispensables aux contractions qui permettent l’expulsion du placenta.

Les positions du bébé au moment de la naissance

Photographie : Laura Boil Photography

Le bebe peut prendre plusieurs positions au moment de sa sortie. La plupart du temps, il se met seul en position la plus adaptée 𝐬𝐢 𝐨𝐧 𝐥𝐮𝐢 𝐞𝐧 𝐥𝐚𝐢𝐬𝐬𝐞 𝐥𝐞 𝐭𝐞𝐦𝐩𝐬. 97% des naissances physiologiques se passent correctement sans intervention.

⠀✦ Par le sommet : C’est la position la plus fréquente. Le menton du bébé est contre son thorax et le bébé regarde le sol en sortant. Elle permet une meilleure ouverture et une descente plus rapide.

⠀✦ Postérieure : Le dos du bébé est contre le dos de la maman, la rotation est plus difficile, le travail plus long et la douleur souvent plus intense. Dans 2% des cas la rotation ne s’effectue pas et une aide médicale est alors nécessaire, dans ce cas même si la naissance par voie basse est possible, elle termine très souvent en césarienne.

⠀✦ Par la face : Le bébé a le visage face au vagin lors de la sortie. Bien souvent la rotation s’effectue d’elle-même. Elle représente sinon 0.5% des naissances et une aide médicale est nécessaire dans ces cas là pour aider le bébé à fléchir sa tête.

⤅ Dans ces deux derniers cas, une sage-femme formée à la physiologie est la meilleure aide, elle seule sera en mesure de s’entourer du moins de médical possible et à faire des manœuvres les moins invasives possibles pour la naissance.

⠀✦ Siège : Lorsque le bébé a les pieds en tailleur on parle de siège complet et décomplété lorsque les jambes sont étendues. Une présentation par le siège ne nécessite pas de césarienne et se passe bien dans la grande majorité des cas. Il faut simplement être entouré de professionnels de santé qui connaissent la physiologie. En effet, dans le cas d’une naissance par le siège, il est fondamental de NE PAS INTERVENIR sur la sortie du bébé (ce qui devrait être le cas dans chaque naissance) au risque de laisser la tête se coincer. La version est une pratique barbare extrêmement douloureuse visant à retourner un bébé manuellement. Or, bien souvent le bébé se remet en siège juste après la manœuvre, tout simplement parce qu’il s’était positionné ainsi naturellement.

Le poirier dans une piscine ou le demi-pont sont des pratiques peu invasives qui peuvent aider au retournement du bébé. Mais dans tous les cas un siège n’est pas anormal !

⠀✦ Transverse : Le bébé est en position horizontale, c’est-à-dire que son dos se présente au moment de la sortie. C’est très rare. Certains bébés ont tendance à effectuer leur rotation seuls. Souvent lors de la naissance de jumeaux il peut arriver que le deuxième ayant trop de place à la suite de la sortie de son aîné se retrouve dans cette position. Si le bébé n’effectue aucune rotation : la césarienne est de mise.

Ne pas intervenir sur une naissance, médicalement parlant est la meilleure posture à adopter. Les 3% de cas où la naissance se passe difficilement devrait être les seuls qui nécessitent une assistance médicale. Car si elle n’est pas à diaboliser, la médecine est encore trop interventionniste ✨

Le consentement

Illustration © Marica Zottino

Ça commence où, ça termine quand ? Au regard des récents événements j’ai envie de parler de cette notion qui peut paraître tellement abstraite et qui est pourtant fondamentale.

Le consentement commence avec l’apprentissage des mots simples « Vulve » / « Penis » et pas celui de leur vulgarisation. Parce que connaître son corps c’est aussi le protéger.

Le consentement c’est accepter qu’un enfant est un individu conscient et indépendant : que l’embrasser, le toucher d’une quelconque façon est une agression et qu’il faut avoir son autorisation. Qu’on soit un proche ou non.

Le consentement c’est de dire à un enfant que son corps lui appartient. A lui et à lui seul.

Le consentement c’est apprendre à respecter l’intimité dès tout petit : lors du change, lorsqu’un enfant va au toilette …

Le consentement commence par apprendre à nos enfants qu’ils sont libres de dire NON. Et que cette liberté là est juste essentielle. Quoi qu’on puisse leur dire.

Le consentement c’est dire à nos filles qu’elles ne doivent pas se taire, jamais et éduquer nos fils à les respecter. Un non, c’est un non

Le consentement c’est d’apprendre à s’aimer soi-même et à en prendre soin.

Le consentement c’est de savoir que la sexualité n’appartient qu’a soit. Et quelque soit la demande, l’âge, la relation avec la personne en face c’est « ok » de refuser.

Le consentement c’est de savoir qu’il n’y a pas de petites agressions. Que toutes relations avec une personne qui n’est pas consentante est un viol. Que si tu dois insister et qu’elle doit céder. C’est un viol. Même si tu l’aimes. Même si elle t’aime.

Pour que nos filles ne se sentent jamais faibles face à une demande insistante, même si elle vient d’une personne aimée. Pour que nos fils n’aient jamais à être pressants avec une femme.

Pour qu’on n’entende plus des mots tels que «il faut séparer l’homme de l’artiste ». Parce que l’homme c’est l’artiste. Il n’y a qu’une seule personne. Une seule. Un violeur est un violeur même s’il crache des licornes et chie des arcs-en-ciel

Naissance et Médias

A l’heure actuelle notre vision de la naissance est largement influencée par ce que les médias : films, livres, séries… véhiculent. Pourtant rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité que cette image retranscrite la plupart du temps.

Durant la grossesse les femmes sont souvent épanouies et rayonnantes. On voit les femmes vomir les cinq premières secondes et c’est généralement à ce moment là qu’elles apprennent leur grossesse. Ensuite étonnamment leur estomac les laissent généralement tranquilles. A contrario, il est possible de voir dépeint une image noire de ces neufs mois. On prend bien soin de montrer des chambres de bébés bien décorées des fioritures issues des grandes chaînes de puériculture. En revanche, pour ce qui est de la réelle connexion avec son bébé, des questions d’allaitement, d’accouchement physiologique: il n’y a rien.

Pour la naissance, le travail se met généralement en route avec la perte des eaux. Il faut savoir que ce phénomène en règle générale peut prendre du temps, en effet rompre les membranes avant une mise en route du travail concerne 1 femme sur 4. C’est généralement les contractions intenses qui font que les membranes se percent. Souvent le travail est rapide et la femme est en route immédiatement à l’hôpital.

Là on observe la plupart du temps une femme allongée position gynécologique, la position la moins physiologique qui soit. Pour que le bébé entame une bonne descente dans le bassin la femme doit pouvoir se mobiliser. La position prise généralement instinctivement est la position accroupie ou à quatre patte.

> Savez vous que la position gynécologique nous vient de l’époque de Louis XIV ? Epoque où le Roi souhaitait assister aux accouchements de sa femme. ⠀

On observe également une poussée dirigée rapide. La femme est douloureuse, elle semble souffrir. Le peau à peau et l’allaitement sont généralement passés à la trappe et l’enfant envoyé très rapidement dans des couveuses et passé de bras en bras. Si les accouchements ne sont pas effectués en urgence et dans des conditions extrêmes c’est un miracle.

En bref, les médias continuent à véhiculer un message faussé de la naissance en affichant le message qu’il est dangereux, doit être assisté par des médecins et durant lequel l’enfant n’est pas considéré.

⠀© Laura Boil Photography