Vivre une Naissance en conscience

La femme au sens primaire du terme est une incroyable source d’enchantement. Elle se comporte de manière cyclique en perpétuel mouvement ; le cercle est symbole très connu dans de nombreuses cultures. Il signifie unité, complétude, illumination, cycle de vie et de renaissance et roue de la vie. La vie, justement, car la femme est capable de porter la vie. D’enfanter. Elle est capable de nourrir son enfant, pendant des années.

Depuis des décennies elle a souvent été bafoué dans sa féminité quoi qu’elle fasse. A l’heure actuelle on fait face à une hypersexualisation de la femme dans les médias, et depuis la plus tendre enfance on nous apprend qu’il faut être « belle »: répondre a une certaine standardisation pour être « aimée » (au sens désirée). Paradoxalement, une femme qui va être l’image de ces médias, sera très vite pointée du doigt et vulgarisée. La société nous impose une image patriarcale de la femme. Et tous, homme et femme y répondront souvent de manière instinctive, programmée. Il est essentiel de renouer avec son féminin sacré pour se sentir LIBRE.

Une femme qui renoue avec son féminin sacré répond à ces critères :
★ Elle sait que sa valeur ne correspond pas à sa sexualité
★ Elle n’est pas en compétition avec les autres femmes
★ Elle ne rejette pas ses qualités féminines : la compassion, la sensibilité, l’écoute, l’empathie, la douceur, l’intelligence émotionnelle, la sensualité, la recherche de l’harmonie, la créativité, la capacité à soigner, à prendre soin de, à s’occuper des autres
★ Elle se préoccupe de l’impact qu’elle a sur le monde
★ Elle n’a pas besoin du regard des autres pour s’aimer
★ Elle recherche l’équilibre avec le masculin
★ Elle est en perpétuel mouvement, changement 

Renouer avec sa féminité, sa capacité à donner naissance est une merveilleuse base pour un enfantement Libre et conscient.

MAMMIFERE

Nous sommes le seul mammifère conditionné à penser que nous avons besoin d’aide pour donner naissance. Or, le fait de mettre au monde son petit concerne une caractéristique biologique qui est propre à chacun des représentants du règne animal. C’est un mécanisme que notre corps sans l’avoir déjà expérimenté (pour le cas des primipares) connaît. A l’instar du moment où nous allons aux toilettes pour évacuer notre corps est capable d’expulser un bébé.

Si vous avez déjà eu une chatte ou une chienne prête a mettre bas, vous avez certainement déjà eu les recommandations de vigueur : « Laissez-la tranquille, soyez une présence discrète mais rassurante. Si elle quémande des câlins encouragez-la, si elle s’isole laissez-la ». Ces mots pourtant si simples devraient être faciles à appliquer à la femme qui accouche. Mais nous savons que ce n’est pas le cas, à l’heure où l’interventionnisme est de mise.

Il n’est pas rare de voir un animal s’isoler pour mettre au monde son petit. De manière générale le travail se déroule rapidement et sans douleur fulgurante comme nous l’apprenons pour nous-même. Alors est-ce que la mise au monde est réellement plus difficile pour les êtres humains ? Il y a des chances que notre système de croyances et les idées véhiculées depuis des centaines d’années aient façonné notre façon de vivre et ressentir un accouchement. Dans des tribus anciennes où les femmes mettent au monde seules les enfants et surtout en confiance les naissances se passent relativement bien et sereinement (parce qu’on leur a appris que c’était un acte naturel et fondamental). Nous observons un travail rapide et moins intense. La mortalité est très faible. Les taux de mortalité étant souvent dus à la malnutrition des petits au cours de la première année de leur vie.

N’est il pas temps de changer de regard sur la naissance ? De faire confiance au corps et à la nature même de l’espèce humaine ?

PROCESSSUS DE FABRICATION DE L’OCYTOCINE

L’ocytocine est plus connue sous l’appellation d’hormone de l’amour. Nous la produisons lorsque nous sommes amoureux, lorsque nous ressentons de l’attirance, tout simplement quand on se sent bien, devant un film, un livre, quand nous prenons nos enfants dans nos bras, lorsque nous faisons l’amour, lors de l’accouchement et également lors de l’allaitement. Bref une vraie dose de bonheur. C’est généralement cette petite sensation de papillons au creux du ventre qui nous informe que notre corps est en train de produire de l’ocytocine. Des études ont été réalisées et plusieurs équipes de chercheurs ont démontré que des bouffées d’ocytocine rendaient plus confiant, plus généreux, plus coopératif, plus sensible aux émotions des autres, plus constructif dans les communications et plus charitable dans ses jugements. Il y’a également des tests selon lesquelles poussées à l’extrême la production d’ocytocine pourrait avoir des effets néfastes tels que la violence pour la Défense d’un groupe.

Intéressons nous a ce qu’il se passe durant l’accouchement : la dilatation du col de l’utérus est détecté par des récepteurs présents sur la paroi de l’utérus et l’information est directement envoyée au système nerveux central qui déclenche la production d’ocytocine. Son nom signifie « accouchement rapide » (étymologie grecque) ce qui est assez équivoque. La production d’ocytocine permet les contractions naturelles et efficaces relatives au bon déroulement d’un accouchement. Ces contractions ne sont pas uniformes et aident la descente du bébé dans le bassin.

Si l’on interfère dans sa production on met en difficulté le processus naturel de l’accouchement. Déjà pour aider à la sécrétion d’ocytocine il existe une autre hormone très efficace : la melatonine (hormone du sommeil) sécrétée exclusivement dans l’obscurité. [Info : pour aider à avoir un bon sommeil, préférez l’obscurité, la lumière des bougies, évitez les écrans…] Elle aide à la détente. Les inhibiteurs quant à eux sont extrêmement nombreux : pour aider à la sécrétion de l’ocytocine il faut que le neocortex, la zone du cerveau qui gère l’émotion, la pensée, la parole s’éteigne. Il ne doit plus du tout fonctionner. C’est pour cela que parler / toucher une femme qui accouche est déjà propice au ralentissement du travail. L’adrénaline (hormone du stress) est également un puissant inhibiteur. N’oublions pas que l’adrénaline est extrêmement contagieuse, si quelqu’un à côté de nous est angoissé nous sécrétons naturellement de l’adrénaline à notre tour. Il n’est pas faux de dire que les accouchements dans les structures ont Une propensions à durer plus longtemps. Un petit récapitulatif de ce qui peut mettre en danger la production de l’ocytocine : la lumière, les sons, les paroles, les touchers, les déclenchements, l’ocytocine de synthèse, la poussée dirigée (rappelons qu’expulser un bébé devrait être la même chose que lorsque l’on va aux toilettes, un acte naturel), le stress, la réflexion … Chacun de ces actes peut augementer la durée de l’accouchement.

Il est donc nécessaire de créer un cocon propice à la bonne fabrication de l’ocytocine lorsqu’une femme est en train d’accoucher, c’est fondamental. Et dans l’idée, il vaut mieux partir à l’hôpital le pos tard possible pour que ci est déjà eu le temps de bien travailler.

LES 4 TEMPS DE LA NAISSANCE

❉ MATURATION : Cette période peut durer longtemps. C’est le moment où le col commence à travailler. Cela peut commencer environ un mois avant la naissance et comporter des phases de pré-travail plus ou moins nombreuses.

❉ DILATATION : c’est une phase intense en terme de longueur et d’intensité. Les contractions agissent par vague et aident à la descente du bébé. Le col puis le vagin s’ouvrent pour l’accueillir ✨ Les hormones sont aux commandes : l’Ocytocine favorise les contractions et les endorphines aident à la récupération.

❉ EXPULSION : C’est le moment de la sortie. Le bébé s’engage dans le bassin. Il entame son arrivée dans le monde. La sensation est intense, brutale et animale. Généralement la tête sort en premier mais il peut arriver que ce soient les pieds sans que ce ne soit problématique outre mesure. Lorsque le bébé est là il n’a besoin que d’une chose : le contact de sa maman

❉ DÉLIVRANCE : La phase de délivrance du placenta a tendance à être systématiquement médicalisée alors que le corps est encore dans le processus de la naissance tant que le placenta n’est pas sorti. Contrairement à la croyance populaire cette sortie peut prendre plusieurs heures, même si généralement elle se passe dans la première heure. La mise au sein et la non-séparation avec le bébé favorisent les sécrétions d’ocytocine, indispensables aux contractions qui permettent l’expulsion du placenta.

LA PHASE DE DESESPERANCE

Voilà un nom un peu étrange pour une phase de la naissance ô combien intense.

Il arrive un moment lors de la phase 2 de la naissance (dilatation) ou la future mère va se sentir submergée par l’intensité. C’est souvent un moment où elle a l’impression que cela devient trop dur, trop fort et qu’elle ne parviendra pas à achever la naissance. La phase de désespérance peut durer plus ou moins longtemps et être plus ou moins intense (voire inexistante) en fonction des femmes. Rappelons le ne nous sommes toutes si différentes! Il est difficile de parler de norme, de moyennes dans le processus de la naissance. Si cette étape peut paraître impressionnante, elle n’en est pas moins entièrement normale et biologique.

En milieu hospitalier il s’agit là d’un moment où la péridurale va être proposée quasi systématiquement par impuissance du personnel soignant (à moins de tomber sur du personnel informé sur la physiologie, ce qui n’est pas la majorité mais qui existe heureusement tout de même). Pourtant imaginons un peu ceci : vous courrez un marathon. Vous avez effectué le trajet le plus long, vous y êtes presque mais vous sentez le moment où cela devient difficile vous dites « Je ne peux plus, je n’y arriverais pas » qu’aimeriez-vous entendre ? « Oui vous êtes capable ! Vous êtes forte, puissante » ou bien « Tu n’as qu’à marcher maintenant ça te fera du bien » ?

Il ne reste que quelques mètres lorsque la phase de désespérance s’installe. La future mère a besoin de soutien, d’amour et de puissance

LE CERCLE DE FEU

Cet instant, puissant, incroyable en terme d’intensité est le moment où la tête du bébé sort.

On le nomme ainsi à cause de la sensation de brûlure que nombre de femmes disent ressentir à cet instant.

On est au paroxysme, au sommet de la puissance de l’accouchement. Les vagues sont passées, et la dernière grande étape s’annonce.

Il est là cet instant, où l’amour va éclater encore plus fort, ou dans un instant un petit corps va se presser contre le vôtre avide de chaleur, d’amour et de contact.

Le cercle de feu est la porte ouverte sur le monde. Votre bébé vient sur Terre. C’est une douleur délicieuse, un enivrement stellaire. Et votre cœur comme votre vagin va s’agrandir d’un coup.

APPRIVOISER LA DOULEUR DE LA NAISSANCE

« Une femme qui accouche est comme une fleurs qui s’ouvre »

Dans la société actuelle lorsque l’on tombe enceinte une peur vient très vite s’immiscer dans les pensées : l’accouchement. Parce que aujourd’hui, une naissance fait peur, elle est synonyme de danger et de douleur et les femmes de manière insidieuse sont condamnées à penser qu’accoucher est un acte qui ne peut se faire sans aide extérieure. Or, c’est en redonnant cette capacité aux femmes en les re-possédant de cette force qu’elles ont toutes en elles, que l’accouchement devient sécuritaire.

✱ La douleur de l’enfantement est une douleur qui a une cause. Elle est là pour aider le bébé à descendre et à se frayer un chemin dans le bassin, l’utérus, le vagin. En connaissant la physiologie de l’accouchement : la mécanique bien huilée des hormones, l’effet des vraies contractions on parvient à en saisir l’importance.

✱ La libération des endorphines provoquées par celle de l’ocytocine permettent à la femme de voyager dans un état second et de se reposer entre deux contractions.

✱ Le lâcher prise est fondamental. Nous avons vu à de nombreuses reprises qu’il est très difficile à avoir en milieu hospitalier : va et vient, questionnement du personnels, lumières aux néons … Mais il n’est pas impossible ! Une femme qui accouche a le DROIT de faire respecter ses souhaits et souvent le personnel hospitalier se montre bienveillant à ses demandes.
Vivre la douleur dans l’instant et non pas dans l’appréhension de celle qui va venir ou dans le souvenir de celle qui vient de passer. Vivre dans l’instant. Ne pas réfléchir à ce qui va se passer « si ça continue je ne tiendrais pas » ; « dans combien de temps cela va finir » ; laisser les douleurs nous traverser. Lâcher prise. C’est extrêmement difficile à réaliser et cela demande une préparation certaine en amont

✱ Très souvent arrive un moment dans l’accouchement où la femme se sent désespérée et sent qu’elle n’y arrivera pas. Cette période appelée « phase de transition ou de désespérance » est normale et physiologique. Malheureusement c’est souvent lors de cet instant que l’on va proposer une péridurale afin de la soulager et ça part d’une bonne intention. Il est difficile pour les personnes qui gravitent autour de la femme de rester dans l’immobilisme lorsqu’elle souffre. Surtout pour l’accompagnant c’est ce qui nécessite une préparation.


Une femme qui accouche a besoin de bouger, marcher, se suspendre, se faire confiance, de boire et de manger. Il est nécessaire de créer un environnement propice à cela.

Notons qu’accoucher n’est pas toujours synonyme de douleur. La sexualité est un sujet tabou dans notre société, or, accoucher est un acte sexuel et il est parfois transcendant.

Il est fondamental de se reconnecter au côté sacré de la naissance. L’acte en lui même est enchanteur, il s’agit de la création même de la vie.

LES SOINS AU BEBE

  « Paul est né il pèse 3,5kg pour 48cm » c’est la carte de visite d’un bébé lorsqu’il vient de naître. C’est un passage presque obligé lorsqu’on annonce une naissance. Mais avons-nous vraiment conscience de ce que ces actes impliquent pour un nouveau né ? Peser un bébé (quand tout se passe bien) est absolument inutile.

Votre bébé va très vite perdre du poids juste après sa naissance de façon tout à fait NORMALE puisqu’il lui faut s’habituer à un changement de vie. Il passe de l’état aquatique à l’état terrestre. Un immense traumatisme qu’on n’imagine à peine. Le tout petit est un extraterrestre qui doit s’habituer à une nouvelle façon d’exister: l’air sur sa peau, la lumière, les sons, les odeurs, le toucher… Manipuler un bébé juste après sa naissance est d’une violence extrême alors qu’il n’a besoin que d’une seule chose : le contact de sa maman, le rythme des battements de son cœur contre son oreille et éventuellement d’une tétée. Il a besoin d’un climat de sécurité, d’être contenu contre la personne de qui il vient d’être arraché brusquement. Rien d’autre. C’est très douloureux pour un enfant d’être manipulé (aussi doucement que ce soit) par des mains inconnues.  

Votre bébé aura besoin de vous, de coller votre corps immédiatement après sa naissance. Il n’aura besoin de rien d’autre. Vivre une naissance en conscience c’est aussi offrir à son petit des premiers instants de qualité et d’amour.

© Laura Boil Photography

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s