Parentalité Eclairée

zoa_bb_julie_tom_002

J’entends souvent des parents que j’accompagne (ou non, au détour d’une conversation par exemple) me dire « C’est bien joli tout ça mais chez moi ça ne fonctionne pas ». Cette phrase me questionne et je pense qu’il est nécessaire de revoir un peu les bases de ce qu’on peut appeler parentalité positive.

Il ne s’agit pas d’une des nombreuses méthodes qui pullulent pour avoir des enfants disciplinés et propres sur eux.

La façon que l’on a de s’adresser aux enfants dans notre société est bien souvent infériorisante. Nous les considérons trop souvent comme peu capables, nous utilisons des menaces, des violences physiques ou morales, de l’humiliation pour avoir gain de cause et faire comprendre ce que l’on veut.

Le but lorsqu’on se tourne vers ce type de parentalité est d’accompagner les enfants à être des enfants. De les encourager à être eux mêmes, à se faire confiance.

Les nombreuses études neuroscientifiques montrent aujourd’hui l’impact d’une éducation trop rigide et néfaste sur les enfants telle qu’on l’applique en France.

Commençons par s’interroger sur la façon dont on traite les enfants et imaginons avoir ce genre de comportement, ces phrases appliquées à des adultes.

Depuis le 2 Juillet 2019 : La France est le 56eme pays à abolir les violences physiques sur les enfants. Il est désormais interdits de lever la main sur un mineur. Loi qui est appliquée depuis plusieurs années dans d’autres pays. Il y a un an frapper sa femme était passible d’emprisonnement mais il était légal de frapper son enfant (Bon même s’il y a également du chemin à faire dans le premier cas).

Tous les enfants naissent avec de l’empathie donc, et en tant qu’adulte : parents, grand parents, amis, famille, professeurs nous pouvons ou la nourrir ou la vider. C’est là que notre rôle est crucial : faire preuve d’empathie envers un enfant, lui montrer de l’empathie, au sens primaire du terme ; c’est-à-dire justifier, légitimer toutes les réactions et émotions de chacun même si elles nous sont inconnues contribue à nourrir l’empathie. Au contraire, faire preuve de violences, d’humiliations, de force et autres Violences Educatives Ordinaires contribue à vider l’empathie de l’enfant.
Sachant que chacun part de 0, il est très important de prendre en compte que chaque relation, chaque rencontre, chaque interaction (longue bien entendue) a contribué à faire de l’adulte ce qu’il est aujourd’hui. Non seulement le rôle de l’adulte qui interagit auprès des enfants est énorme mais il est également fondamental car sans interaction social l’être humain serait privé également de capacité de réflexion et d’émotion. Les êtres humains étant faits pour vivre les uns avec les autres.

Revenons-en à la biologie fondamentale. De nombreux scientifiques ont mené des recherches aujourd’hui reconnues qui mettent en évidence le fait que les Violences Educatives Ordinaires ont un effet néfaste sur le développement cognitif. La partie frontale de notre cerveau qui grandit au cours de notre vie est celle qui dirige notre capacité à « gérer les émotions » si je puis dire, de manière mécanique.  Si un enfant est victime de violence (quelle qu’elle soit) ses réactions face à une situation critique : peur par exemple, seront la fuite, la violence ou la stupéfaction alors qu’un enfant avec lequel on aura fait preuve d’empathie sera capable de les surmonter avec davantage de confiance en lui.

De plus, rappelons qu’un enfant avec qui on a fait preuve d’empathie, de compassion, d’écoute et de bienveillance deviendra un enfant empathique, un adulte écoutant et bienveillant. Assez loin de l’individualisme qui prime dans notre société. Pour la défense de nos ancêtres c’est une manière de procéder qui a des millénaires. De tout temps nous avon traités les enfants de cette manière, sûrement car désemparés par les tempêtes émotionnelles dont faisaient preuves les enfants (car rappelons-le il n’a pas avant 6 ans la capacité émotionnelle et cognitive de la gérer) on les voyait plutôt comme des bêtes sauvages qu’il fallait dresser à l’instar des chiens, chevaux et autres mammifères qu’on ne prenait pas la peine de comprendre (ceux qui étudient l’éthologie comprendront la référence)

Mais aujourd’hui nous avons les moyens scientifiques de prouver que la façon dont nous éduquons nos enfants est néfaste pour eux et j’irais plus loin même, pour la société. Il est temps de faire changer les choses et évoluer les mentalités, vers un mode de pensée que d’autres pays ont déjà adopté depuis bien longtemps.

Je pense cependant qu’on ne peut pas être bienveillant avec son enfant, si on ne commence pas d’abord par soi même. On parle énormément des VEO, on les pointe du doigt et on cherche à devenir des parents modèles à tout prix.

Certes nous avons besoin d’abolir les VEO de nos pratiques quotidiennes, pourtant, Rome ne s’est pas bâtie en une journée et avant même de poser de nouvelles fondations, il est essentiel de déconstruire des bases branlantes d’une éducation remplie de failles et d’incohérences.

Soyons tendre avec le parent que nous sommes car il a été créé par l’enfant que nous avons été, lui même construit par une certaine éducation. Apprenons à nous pardonner, à nous laisser l’opportunité de faire des erreurs.

Notre histoire, nos fondations déterminent qui nous sommes. Il ne tient qu’à nous de changer les choses mais il est primordial de se laisser le temps et les moyens d’y parvenir.

Continuons de prendre ce chemin, de montrer la voie à nos enfants, continuons à les aider à  être des enfants. Continuons à les laisser se salir, découvrir, se tromper, évoluer…

© Laura Boil PHOTOGRAPHY

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s